PASSAGES

Ce projet d’installation est librement inspiré par la réflexion de Walter Benjamin sur la figure du chiffonnier dans son essai intitulé Paris, capitale du XIXe siècle. Le livre des passages [1924-1939], (Paris, éd. du Cerf, 1997). Par une déclinaison de formes créées à partir d’éléments empruntés à la vie quotidienne, l’installation montre les rebuts comme des matériaux artistiques et affirme le principe de recyclage comme méthode artistique contemporaine.

 

Dans Passages, les bandes de scotch déchirent le papier des images de presse. Elles effacent certaines parties de l’image et créent ainsi de nouvelles compositions. Ce procédé simple fait basculer les images initiales vers des espaces graphiques abstraits. Le contenu informatif s’efface pour révéler des visuels énigmatiques et poétiques.

 

En négatif à ces images, les bandes de scotch utilisées pour déchirer le papier forment un écran pour projection vidéo. Les vidéo projetées sur cet écran se trouvent elles aussi déformées par les reflets du ruban adhésif et les aspérités du papier. Certaines parties s’effacent et d’autres s’illuminent. La lumière déchire l’obscurité. Les formes, les volumes et les structures deviennent inhabituels. Les sujets sont maintenus par l’écran dans un entre-deux ; entre figuration et abstraction, entre réalité et fiction, dans un langage graphique où les corps sont à la fois fragiles et scintillants.